Edgar MORIN : « Tout espoir d’humaniser l’Europe s’effondre » – The Dissident

C’est un jeune homme de 94 ans qui tweete ses humeurs sur l’actualité. Loin de s’endormir sur ses lauriers de directeur de recherche au CNRS et de « docteur honoris causa » de plusieurs universités, Edgar Morin développe une pensée non orthodoxe… En témoigne son soutien aux expériences de gauche radicale Syriza et Podemos, vilipendées par certains de ses confrères, mais aussi son regard sur l’Europe, les conflit au Moyen-Orient ou le multiculturalisme. Entretien.

Sourced through Scoop.it from: the-dissident.eu

via @AbigailHeming

RT @TDissident 

See on Scoop.itLe BONHEUR comme indice d’épanouissement social et économique.

Publié dans associatif | Laisser un commentaire

webdoc : « Poder sin poder (pouvoir sans le pouvoir), l’autogestion au quotidien »

 « Poder sin poder (pouvoir sans le pouvoir), l’autogestion au quotidien ». Ce webdoc présente douze initiatives qui cherchent à mettre en place un agir radicalement démocratique, un fonctionnement horizontal ou encore qui se revendiquent de l’autogestion, en Espagne, en Argentine et au Venezuela. Réalisé par deux Belges, Johan Verhoeven et Edith Wustefeld, le webdoc se base sur un voyage d’un an en Espagne et en Amérique latine entre 2012 et 2013, à la rencontre de plus d’une vingtaine d’initiatives autogérées. Les lieux présentés sont multiples : entreprises récupérées, coopératives, d’écoles, centres cultures, mouvements sociaux, villages… Mais tous ont en commun de fonctionner sans chefs et sans hiérarchie, en expérimentant d’autres manières de fonctionner ensemble.

Sourced through Scoop.it from: podersinpoder.tv

See on Scoop.itactions de concertation citoyenne

Publié dans associatif | Laisser un commentaire

L’Epadesa lance une CONSULTATION publique sur l’avenir de La Défense

A quoi ressemblera La Défense dans dix ans ? L’Etablissement public d’aménagement de la Défense Seine Arche (Epadesa) vient de lancer une « consultation publique portant sur sa stratégie à dix ans » auprès des usagers du quartier d’affaires de l’ouest parisien. Ses résultats devraient être dévoilés dès l’automne. #GrandParisEtTours

Sourced through Scoop.it from: www.batiactu.com

See on Scoop.itactions de concertation citoyenne

Publié dans associatif | Laisser un commentaire

[CLAUDE HENRY] NOUVELLES manières de VIVRE ENSEMBLE: Plateforme pour des ÉTATS GÉNÉRAUX du pouvoir citoyen

Claude HENRI

Ingénieur de formation, j’ai été membre d’une des plus actives équipes de prospective en France au début des années 70 (Scénario de la France en l’an 2000, dit Scénario de l’Inacceptable), puis j’ai travaillé comme sociologue des techniques, sur la correspondance entre les besoins d’une société en mutation et la montée en puissance des outils numériques, (automatisation des processus de production, puis montée de l’Internet), en particulier comme animateur de programme au Ministère de la Recherche (Département Homme, Travail, Technologie), et dans un grand laboratoire d’informatique du CNRS (LIMSI-Orsay).

Peu après sa création, j’ai rejoint l’association VECAM que j’ai eu le plaisir de présider entre 2003 et 2007. En étant très actif dans le projet européen Ijumelages, favorisant les liens entre associations européennes et sud-américaines engagées dans les mêmes actions citoyennes.
J’ai beaucoup suivi et encouragé les aventures d’Outils-Réseaux, association installée à Montpellier, à la suite de l’expérience pionnière de Telebotanica, pour le développement des usages coopératifs (avec un focus plus récent sur les biens communs informationnels), en participants aux événements « Moustic » (Mise en œuvre des usages sociaux des TIC), et, dans une moindre mesure, aux événements « frères » à Brest, le Forum des usages coopératifs.

En parallèle, j’ai proposé à plusieurs collectifs de développer leur compétence à la coopération et aux méthodes qui la permettent. Dégagé des obligations professionnelles, je me suis beaucoup engagé dans plusieurs réseaux de la société civile, en particulier comme membre du Cercle de pilotage du mouvement Colibris, dans le Pacte civique et dans les Etats généraux du Pouvoir Citoyen, qui tente de susciter une meilleur connaissance mutuelle entre associations et de leur donner une meilleure visibilité d’ensemble. A chaque fois, j’ai à coeur de diffuser la culture numérique, soit en créant un site, mais surtout en essayant d’encourager des usages des outils adaptés. Les réticences que j’ai rencontrées ont été nombreuses. Je suis content de quelques belles réussites…et calme devant quelques échecs absolus !
Dans la société civile de transformation, il aura en fait fallu vingt ans pour qu’on passe à autre choses que le mail et la consultation de sites fait par des …..
Je suis heureux de voir les trentenaires commencer à prendre leur place dans les réseaux. Leur culture numérique d’aujourd’hui donne du sang neuf. L’articulation avec les générations précédentes reste pour moi objet de soin.

Sourced through Scoop.it from: eg-pouvoir-citoyen.org

See on Scoop.itactions de concertation citoyenne

Publié dans associatif | Laisser un commentaire

CITOYENNETÉ dans la société numérique

Réflexion et action pour l’internet citoyen

Vecam est une association créée en 1995, à l’initiative de Jacques Robin et de Véronique Kleck. Anticipant que l’information, les productions culturelles et le savoir connaitraient une numérisation croissante, que toutes les forces structurant les sociétés humaines seraient concernées, les fondateurs de Vecam souhaitaient que les citoyens et la société civile soient partie prenante des réflexions et actions de ce grand basculement.

Le rôle de Vecam est de donner aux citoyens les moyens de s’interroger, comprendre, débattre et s’approprier ces transformations. C’est au décryptage politique et social de l’ère numérique que l’association tente de contribuer. Vecam entend également faciliter les usages développés par et pour les associations, les mouvements citoyens ou les individus.

Les pratiques numériques ouvrent un nouvel espace pour appréhender la société au travers de l’activité collective. La questions des communs est devenue centrale dans les interventions et projets de Vecam. Nous avons impulsé le réseau francophone autour des communs et son initiative le Temps des Communs. Nous soutenons Remix the Commons/Remix biens communs, espace de documentation multimédia libre dédiée aux communs.

Pour accéder aux anciens sites de l’association :
Site actif de 1995 à 2002 
Site actif de 2002 à 2014

Sourced through Scoop.it from: vecam.org

See on Scoop.itactions de concertation citoyenne

Publié dans associatif | Laisser un commentaire

Construire, avec du LIEN social et humain

« Phalanstères d’artistes » (5/6)

Depuis la création officielle de l’agence en 2003, c’est devenu un rituel, une sorte de devoir quotidien, par conviction et par plaisir. Tous les jours, à 17 heures, dans les bureaux situés rue Rambuteau, dans le 3e arrondissement de Paris, un thé est servi, accompagné de ses incontournables petits gâteaux. Il y a parfois seulement deux personnes, parfois dix fois plus, peu importe. On y parle d’architecture, mais aussi, le plus souvent, de politique. Cet usage résume l’esprit qui souffle sur l’atelier Construire, où le lien social et humain n’est pas la moindre des valeurs.

La création de Construire est, à l’origine, partie de la rencontre entre les architectes Patrick Bouchain et Loïc Julienne. Au milieu des années 1990, chacun cherchait un nouveau lieu pour installer son activité. « On se renvoyait bien la balle », se souvient ce dernier. De cet échange finira, quelque dix ans plus tard, par naître l’agence, sise rue Rambuteau.

Ensemble

Construire est le plus atypique des cabinets d’architecture. Il n’a pas de statut juridique, donc d’objet. « C’est une relation associative, résume Patrick Bouchain. Chaque affaire, chaque projet fait l’objet d’un contrat entre différents associés : ingénieurs, bureaux d’étude, artistes. » Dans Construire, dont l’appellation n’est pas déposée, l’adjectif « ensemble » est sous entendu.

« C’est un état d’esprit qui se diffuse auprès des gens avec lesquels on collabore. C’est une manière différente, particulière, souligne Loïc Julienne. Il s’établit entre nous un dialogue sans ambiguïté. C’est une pensée commune, mais ce n’est pas une doxa. C’est une philosophie dans l’acte de construire. » Pour Patrick Bouchain, « Construire s’apparente à un phalanstère forain, sans enseigne, ni lieu. Ce n’est pas un modèle strict. C’est un phalanstère de comportement ». Pour cet ancien conseiller de Jack Lang, que seule la politique intéresse, « l’architecture est l’expression du politique. » Construire, son bras armé.

DANS D’ANCIENS LIEUX INDUSTRIELS REMANIÉS A MINIMA, L’AGENCE A SURTOUT SIGNÉ DES PROJETS À VOCATION CULTURELLE
Il est ici davantage question de chemin que d’objectif. L’architecture ne doit pas se résumer à l’exécution d’un produit, qu’il s’agisse de confort ou de performance, mais à l’élaboration d’un processus. Le plus souvent dans d’anciens lieux industriels remaniés a minima, l’agence a surtout signé des projets à vocation culturelle. Parmi ceux-là : la transformation à Nantes des anciennes usines LU (2000), le Musée international des arts modestes à Sète (2000), l’Académie Fratellini à Saint-Denis (2002), la reconversion de La Condition publique à Roubaix (2003), Le Channel, scène nationale de Calais (2005), ou encore le Centre Pompidou mobile (2011).

A partir de 2009, Construire a aussi voulu « dénormer » le logement social, tenter de réinventer sa production et sa gestion. Qualifier, plutôt que quantifier. A la HQE, la haute qualité environnementale, l’agence préfère la HQH, la haute qualité humaine, qu’elle a mise en application à Tourcoing (L’Atelier électrique), à Boulogne-sur-Mer (la Maison de Sophie) et à Beaumont, en Ardèche (Les Bogues du Blat). Dans tous les cas, ses projets se distinguent par la faiblesse de leurs coûts. Ce qui ne laisse d’interroger les confrères architectes, Renzo Piano compris.

Convergence des savoirs

Enfin, sous des formes diverses, à Rennes, Avignon et Clermont-Ferrand, Construire et ses associés dispensent, depuis 2006, ce qu’ils appellent leur Université foraine. L’ambition : sortir l’école de son enfermement et y faire converger tous les savoirs. « Une université où un développement théorique magistral a autant de valeur qu’un bœuf à la ficelle cuisiné amoureusement, souligne l’agence. Une université-auberge espagnole. »

« Construire n’est pas un label, c’est une manière de faire », explique l’architecte Chloé Bodart, qui fut, de 1999 à 2006, salariée de l’agence, avant de monter sa propre structure, désormais installée à Bordeaux, et qui s’appelle… Chloé Bodart Construire. Il ne s’agit pas d’une antenne de la maison mère parisienne, mais du prolongement de l’action qui y avait été menée.

Cette manière de faire a pour maître mot le chantier devenu lieu de vie à part entière, et son corollaire, la permanence architecturale : les deux concepts fondamentaux de l’agence et de son réseau à géométrie variable. C’est là que tout se joue, à travers la même démarche : « Pour faire un projet différent, il faut l’habiter, explique Chloé Bodart. Dès qu’on est en phase chantier, on l’investit, et on conçoit intégralement sur place. »

CETTE MANIÈRE DE FAIRE A POUR MAÎTRE MOT LE CHANTIER DEVENU LIEU DE VIE À PART ENTIÈRE
Le chantier, et le travail des ouvriers qui y opèrent, doit pouvoir être vu et arpenté. Ici, pas question de faire un trou dans la palissade. Dans un respect scrupuleux des règles de sécurité, ce lieu s’ouvre à tous, des plus jeunes aux plus âgés. « On y explique ce que c’est, qui y travaille, précise Chloé Bodart. Chacun y est le bienvenu : habitants, politiques, curieux. » Durant le chantier du Channel à Calais, l’élévation de la principale charpente s’est opérée en public et en musique. Dans ce territoire revisité à forte teneur sociale et culturelle, la cabane de chantier occupe une fonction cardinale.

A Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), un ancien entrepôt industriel et ses annexes, propriété de la Communauté d’agglomération Tours Plus, sont devenus le Point haut, un lieu culturel au profit de la Compagnie Off et du Polau, le pôle des arts urbains. Après avoir été à la fois une salle de restaurant, un lieu de rencontre, de repos, d’échange ou encore d’élaboration du projet, la cabane de chantier, qui d’habitude connaît une brève existence, est devenue un des éléments du projet architectural. Durant la construction de la scène nationale de Calais, le maire communiste d’alors, Jacky Hénin, a même choisi d’y marier son fils.

Permanence architecturale

Patrick Bouchain parle de « redonner ses lettres de noblesse au chantier » qui s’ouvre aussi parfois à des temps forts. Au Point haut, des conférences ont été organisées sur le thème du bruit et de l’accessibilité. Le 16 octobre s’y tiendra une rencontre sur les permanences architecturales.

La permanence architecturale est, le plus souvent, un lieu de formation, entre un « maître » et un jeune architecte, un lieu de lien et d’invention, aussi, où se matérialise, in situ, la commande. Le chantier est l’incarnation de la permanence architecturale. Pour « Ensemble à Boulogne-sur-Mer », un projet de rénovation de soixante maisons locatives sociales avec les habitants, conçu en 2013 avec le soutien du programme des « Nouveaux Commanditaires » de la Fondation de France, l’architecte Sophie Ricard s’est installée sur place. Sa maison est devenue un espace d’invention ouvert sur le voisinage où s’est déployé le programme. La grisaille d’origine du quartier a accouché d’un projet aussi fonctionnel que bigarré dans lequel les habitants se sont largement impliqués.

L’engagement le plus spectaculaire, et le plus médiatisé de Construire, fut dans ce sens la transformation du pavillon français en pavillon habité lors de la 10e édition de la Biennale internationale d’architecture de Venise, en 2006. En réponse à la thématique générale « Métacité » (en référence aux évolutions physiques et sociales des agglomérations), Patrick Bouchain et le collectif EXYZT ont dit  : « Metavilla » (« Mets ta vie là »). Soit : un hôtel intégré dans une structure en échafaudage pouvant accueillir une quarantaine de personnes, une cuisine, un salon de lecture, un espace de travail et, sur le toit, un sauna, une piscine et un jardin ; l’ensemble ouvert 24 heures sur 24. Comme dans la vie.

Sourced through Scoop.it from: abonnes.lemonde.fr

See on Scoop.itThe Architecture of the City

Publié dans associatif | Laisser un commentaire

Les outils de travail COLLABORATIF

Deux formateurs nous proposent ce support de formation qui fait le point en 122 diapositives sur les outils collaboratifs.
La présentation des outils collaboratifs se fait par 7 grandes familles d’utilisation avec des rubriques qui indiquent des repères, des critères de choix formels, avant de s’intéresser à la sélection de services en ligne proprement dite.
Via des captures d’écran, la mise en avant des fonctions clés, l’intérêt des outils et leur limitation, il est possible pour chacun d’effectuer son choix d’outil collaboratif selon les besoins (que l’on soit en EPN, entreprise, association, institution ou en mode projet). A noter que les services en ligne gratuits sont privilégiés par les 2 auteurs.

Sourced through Scoop.it from: fr.slideshare.net

See on Scoop.itactions de concertation citoyenne

Publié dans associatif | Laisser un commentaire

15 propositions – Collectif Roosevelt pour SORTIR de la CRISE et changer de modèle

Le Collectif Roosevelt initialement appelé « 2012 », qui fédère aujourd’hui plus de 100.000 citoyens engagés (signataires…) autour de 15 solutions. 15, en référence à Roosevelt qui a fait passer 15 réformes en 3 mois, chacune étant votée par les deux assemblées le même jour et promulguées le soir même, faisant l’objet d’interventions publiques de Roosevelt qui en expliquaient les motifs et le contenu. Ces réformes n’ont pas suffi, après elles il y a eu le 2e New Deal, mais elles ont permis de sauver la démocratie et la cohésion sociale aux Etats-Unis au moment où l’Europe basculait dans la barbarie. Cela montre qu’on peut changer la donne par la volonté politique et un effort de pédagogie.
 
9 réformes pour éviter l’effondrement
4 réformes pour éviter/résoudre le chômage
2 réformes pour relancer une construction Européenne sociale
Eviter l’effondrement

Nos 9 premières propositions peuvent aider à éviter l’effondrement de notre société, et ceci à court terme   Redonner de l’oxygène à nos États Dégager de nouvelles marges de manœuvre financières Mettre fin au sabordage fiscal national Boycotter les paradis fiscaux Limiter au maximum les licenciements Sécuriser les précaires Interdire aux banques de spéculer avec …

Contre le chômage, construire une nouvelle société
4 Propositions pour créer massivement des emplois Investir dans une vraie politique du logement Déclarer la guerre au dérèglement climatique Développer l’économie sociale et solidaire Négocier un autre partage du temps de travail   JE REJOINS LE MOUVEMENT et je soutiens les 15 réformes qui vont changer la donne  →  SIGNER LE MANIFESTE  ←

Construire enfin une Europe démocratique
2 Propositions pour une ‘autre’ Europe   Faire éclore la démocratie en Europe Négocier un vrai Traité de l’Europe sociale   JE REJOINS LE MOUVEMENT et je soutiens les 15 réformes qui vont changer la donne  →  SIGNER LE MANIFESTE  ←

Sourced through Scoop.it from: collectif-roosevelt.fr

Collectif Roosevelt

@CollRoosevelt

15 solutions pour sortir de la crise et changer de modèle : plus de 110 000 citoyen-ne-s engagé-e-s !

collectif-roosevelt.fr

See on Scoop.itLe BONHEUR comme indice d’épanouissement social et économique.

Publié dans associatif | Laisser un commentaire

Les Racines du ciel /La passion de l’avenir avec MICHEL SERRES / SELECTION FRANCE CULTURE

Michel Serres nous reçoit chez lui en région parisienne et retrace avec nous son parcours intellectuel et spirituel depuis son enfance sur les rives de la Garonne à l’âge de la maturité en passant par ses études, sa passion pour les sciences, la philosophie, la littérature et les arts et ses nombreux ouvrages dédiés à sa vision originale et holistique du monde.

Sourced through Scoop.it from: plus.franceculture.fr

See on Scoop.itLe BONHEUR comme indice d’épanouissement social et économique.

Publié dans associatif | Laisser un commentaire

Le jour où Google est devenu cyberPUNK

Ce 10 août, Google est devenu Alphabet. Une opération stratégique en forme de changement de nom : Google va continuer d’exister, mais ne sera plus qu’une filiale d’Alphabet, une holding qui chapeautera le moteur de recherche et tous ses produits liés, mais aussi une myriade d’autres sociétés travaillant à des projets futuristes. On le savait déjà, la mise en place d’Alphabet le montre plus clairement : Google est devenu un conglomérat, avec de multiples filiales et prises d’intérêt dans des domaines variés : publicité, logiciels, systèmes d’exploitation, biotechnologie, intelligence artificielle, automobile.

Dans les années 1980, l’auteur de science-fiction William Gibson a remis au goût du jour un vieux mot japonais pour désigner de gigantesques conglomérats dont les produits envahissent la vie quotidienne et dominent le monde : zaibatsu. William Gibson est l’influent fondateur d’un courant entier de la science-fiction, le mouvement cyberpunk, qui se projetait dans un futur résolument proche dominé par des multinationales.

Google – pardon, Alphabet – incarne ces zaibatsu. Comme eux, il semble être devenu incontournable dans des secteurs entiers de l’économie de dizaines de pays. Comme les Sense/Net et Maas Biolabs de Neuromancien, le roman fondateur du genre, ses projets les plus révolutionnaires – et dont le succès pourrait littéralement changer le monde – touchent à l’humain, à son esprit, à son corps : prothèses, capteurs…

Comme certains zaibatsu cyberpunks, Google a aussi sa vision du monde. Fondée dans le but fou d’organiser « toute l’information de la planète », doublée de la promesse de ne jamais « être mauvais », l’entreprise se tourne désormais vers des recherches ayant un impact sur le monde physique. Et c’est ce qui fait peur. Peur du syndrome de l’apprenti sorcier ; peur d’un géant qui sait presque tout de nos vies privées ; peur, enfin, de voir une société accusée de pratiques anticoncurrentielles et maniant trop efficacement l’optimisation fiscale devenir encore plus incontournable. Il y a aussi, dans ces peurs, une part de fantasmes qui flirte parfois avec la théorie du complot : Google aurait un dessein secret, voudrait remplacer l’humanité par des intelligences artificielles, ou encore « tuer la mort ». Les desseins de Google ne sont pas vraiment secrets, à défaut d’être forcément recommandables : entreprise cotée, elle cherche avant tout à gagner de l’argent, à court ou à moyen terme – la restructuration en Alphabet est d’ailleurs, avant tout, une décision boursière et financière.

Changer le monde

Reste le cas particulier des deux fondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page, qui ne cachent pas leur volonté d’aller bien plus loin que la « simple » accumulation de milliards de dollars. Comme la famille Tessier-Ashpool, dirigeant la multinationale du même nom dans Neuromancien, ils veulent changer le monde. En bien ? Dans leur idée, certainement. En pratique ? Difficile à dire. Les technologies sur lesquelles travaille Google ont le potentiel, sinon de « tuer la mort », de permettre des progrès spectaculaires dans la médecine et les énergies renouvelables.

Mais si ces progrès sont prisonniers de brevets les rendant inaccessibles aux plus pauvres, ou que leur utilisation est soumise à l’utilisation de produits Google, le risque est grand qu’ils accentuent les fractures Nord-Sud et les inégalités. Ce dont Google est déjà accusé à San Francisco, la ville la plus cyberpunk des Etats-Unis, théâtre de la « trilogie du pont » de William Gibson, et où l’entreprise a contribué à la hausse des loyers.

Une autre entreprise a incarné dans les années 1980 et 1990 à la fois les craintes du grand public et la révolution technologique : Microsoft, bête noire des libertaires de la technologie, était elle aussi dirigée par un fondateur qui voulait changer le monde. Bill Gates l’a finalement fait « à l’américaine », par le mécénat, pour lutter, à grand renfort de chèques, contre les maladies tropicales. Sergey Brin et Larry Page prendront peut-être le même chemin – mais ces mécènes montrent surtout que la recherche fondamentale, dans des domaines aussi cruciaux que les énergies renouvelables ou la santé, est de plus en plus le fait de gigantesques entreprises privées.

La démission des Etats face aux multinationales, c’est justement un thème récurrent de tout le mouvement cyberpunk – dans Le Samouraï virtuel, Neal Stephenson décrit même des Etats-Unis morcelés, fragmentés en une myriade d’Etats fantoches, chacun contrôlé par une grande entreprise. Faut-il avoir peur d’Alphabet ? Seulement si nous n’avons pas, ou plus, confiance dans la capacité des Etats à fixer les limites de ce qui est acceptable, et d’investir eux-mêmes dans les recherches qui rendront peut-être, demain, nos vies meilleures.

Se méfier de Google ou d’Alphabet est une chose, rejeter en bloc le progrès technologique en est une autre. Dans l’histoire de la science-fiction, le mouvement cyberpunk marque d’ailleurs une étape cruciale à ce sujet. Après le techno-optimisme béat de l’avant-guerre, après la technophobie de la SF contestataire des années 1960, le cyberpunk marquait le moment où la technologie n’était plus considérée comme une force du bien ou du mal, mais comme neutre. Aux humains de déterminer son usage.

Damien Leloup
Journaliste au Monde

Sourced through Scoop.it from: abonnes.lemonde.fr

Damien Leloup

@Damien_Leloup

Journaliste, responsable de @pixelsfr chez @lemondefr. Joue de la basse chez @dernierorage.

See on Scoop.itLe BONHEUR comme indice d’épanouissement social et économique.

Publié dans associatif | Laisser un commentaire